vendredi 15 février 2013

Le G20 se réunit à Moscou pour éviter une "guerre des monnaies"

Les pays riches et émergents du G20 se penchent vendredi et samedi à Moscou sur la faiblesse de la reprise de l'économie mondiale, plombée par la zone euro, dans l'espoir d'écarter la menace d'une "guerre des monnaies" ravivée par le Japon.

Les ministres des Finances et banquiers centraux du forum des grandes puissances seront reçus à 16H00 locales (12H00 GMT) au Kremlin par le chef de l'Etat Vladimir Poutine pour le coup d'envoi de cette année de présidence russe du G20.

Pour la première fois depuis longtemps, les craintes d'un éclatement ravageur de l'euro ne sont pas au coeur de la réunion. "On attend un débat sur la situation économique internationale plus riche que par le passé, quand la zone euro et ses dirigeants étaient toujours mis sur le gril", assurait cette semaine un responsable européen.

Las, les statistiques publiées à la veille de la rencontre ont remis l'Europe sur la sellette: la récession a été plus grave que prévu l'an dernier en zone euro, et la croissance pourrait encore y être nulle en 2013.

Or il s'agit du principal frein à la reprise mondiale.

La Russie a justement fait de la recherche de nouvelles "sources de croissance" une priorité de son G20, qui culminera lors d'un sommet début septembre à Saint-Pétersbourg.

Alors que les excès de rigueur budgétaire commencent à être pointés du doigt pour leur effet néfaste sur l'activité, les grands argentiers devraient avoir, à Moscou, "une discussion sur le bon rythme de l'assainissement des finances publiques" pour "l'adapter à la conjoncture", explique un autre responsable européen.

D'ordinaire sourcilleuse en la matière, la Commission européenne vient d'accepter d'envisager des délais pour la réduction des déficits, mais l'Allemagne, encore plus orthodoxe, risque de s'opposer à tout relâchement de l'austérité.

Certains pays européens, France en tête, s'inquiètent de leur côté de la vigueur de l'euro, qui handicape leurs exportations. Plus largement, la zone euro dénonce les politiques monétaires des Etats-Unis et du Japon, qui font tourner la planche à billets pour soutenir leur économie, avec pour effet de déprécier leurs devises.

"Nous ne serons pas capables d'éviter une autre crise +à la 2008+ si une proportion croissante d'argent est injectée dans l'économie", a prévenu mercredi le ministre allemand des Finances Wolgang Schäuble.

Les craintes d'une "guerre des monnaies" provoquée par un enchaînement de dévaluations compétitives menées par des pays en quête de croissance ont été ravivées par le récent virage japonais. La banque centrale du Japon a cédé aux pressions du gouvernement pour soutenir l'économie en créant de la monnaie, une politique courante aux Etats-Unis mais que s'interdit la Banque centrale européenne (BCE).

"La +guerre des monnaies+ va de nouveau être en tête de l'ordre du jour du G20, car les principaux pays émergents (Brésil, Inde, Turquie, Russie) vont de nouveau accuser l'Occident d'affaiblir délibérément ou de facto leur propre monnaie, ce qui renforce les devises des économies émergentes", estime l'économiste Jan Randolph, d'IHS Global Insight.

Selon le ministre russe des Finances Anton Silouanov, "il ne fait aucun doute que ce thème va émerger" et que le Japon va devoir s'expliquer. "Dans le communiqué final, les ministres des Finances vont se prononcer pour que les taux de changes restent déterminés par le marché", a-t-il annoncé, cité par des agences russes.

Les pays les plus riches de la planète, réunis au sein du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada, Italie, France et Royaume-Uni), ont déjà publié un communiqué en ce sens en début de semaine.

Le Fonds monétaire international (FMI) a toutefois tenté de désamorcer la controverse, en jugeant jeudi "exagérées" les craintes, tout en appelant à garder un "oeil" sur cette question. Et le président de la BCE Mario Draghi, cité par l'agence financière Dow Jones Newswires, a dénoncé les "bavardages" sur la "guerre des monnaies" qui sont "soit inappropriés, soit sans intérêt, dans tous les cas contre-productifs". 

Le 15/02/2013 sur http://tempsreel.nouvelobs.com

Bahreïn : la révolte oubliée des printemps arabes

 
Lors de manifestations marquant le deuxième anniversaire de la révolte des chiites, majoritaires dans ce petit royaume pétrolier régi par une monarchie sunnite, un policier et un manifestant de 16 ans ont été tués.
 
Hussein al-Jaziri, 16 ans, est mort jeudi, touché par des tirs de chevrotine à la poitrine dans le village de Daih. Il faisait partie des centaines de manifestants descendus dans la rue de plusieurs villages chiites. Ils répondaient à l'appel, lancé sur les réseaux sociaux, du Collectif du 14 février, un groupe clandestin radical. Le but était de commémorer le deuxième anniversaire de la révolte, qui a déjà fait plus de 80 morts selon les ONG de défense des droits de l'homme. Dans la nuit, c'est un policier qui est mort après avoir été touché par un projectile incendiaire lancé par des manifestants dans le village chiite d'al-Sahla, près de Manama.
 
C'est la révolte oubliée des printemps arabes. Elle a pourtant commencé un mois avant celle des Syriens, et trois jours avant celle des Libyens. Mais aujourd'hui, nul n'appelle le roi du Bahreïn à démissionner, ni ne reçoit les opposants bahreïniens. Au contraire, l'intervention, dès le début de la contestation, de l'Arabie saoudite voisine, est discrètement validée par les Européens et les Américains. Le 14 mars, 4000 soldats, principalement saoudiens, avec un soutien des Émirats arabes unis, sont venus prêter main-forte au roi Hamad Ben Issa al-Khalifa. Ils ont mis fin brutalement à l'occupation d'une place de la capitale, Manama, inspirée par la place Tahrir du Caire.
 

La menace iranienne au premier plan

Les armées étrangères ont été présentées comme une force destinée à protéger le Bahreïn contre la menace iranienne. L'Europe et les États-Unis ont avalisé cette vision, privilégiant leurs intérêts stratégiques. Seul pays du Golfe à être touché par le printemps arabe, le Bahreïn abrite l'état-major de la cinquième flotte américaine. Il joue un rôle important dans l'endiguement de l'Iran, situé juste en face. Le roi présente la révolte populaire comme une insurrection confessionnelle dangereuse pour l'équilibre de la région. Près de 80 % de ses 1.340.000 habitants sont chiites comme en Iran. S'il était renversé, assure le monarque, c'est un État allié de l'Iran qui s'installerait au cœur du golfe Arabo-Persique.

Les Saoudiens, principaux alliés des États-Unis dans la région, ont renchéri. Ils ne sauraient tolérer un État chiite si près de leur territoire. Ils craignent l'influence sur leur propre population chiite, elle aussi contestataire, dans les régions pétrolières proches du Bahreïn.

Les opposants bahreïniens se défendent de toute alliance avec l'Iran. Ils soulignent que même la commission «indépendante» désignée par le roi a conclu à l'absence d'influence iranienne sur les manifestants. L'opposition affirme que la mobilisation saoudienne est surtout due à la crainte de Riyad de voir émerger une véritable démocratie sur son palier. Les opposants assurent que leur révolte est surtout sociale, tout en retournant l'argument confessionnel contre le roi. Pour eux, c'est la monarchie qui discrimine les chiites majoritaires, accaparant pour elle-même et pour ses amis le pouvoir politique et économique.


Un embryon de système démocratique

Il existe bien un embryon de système démocratique. Le principal parti d'opposition, al-Wifaq, a même remporté largement les élections législatives de 2010 avec 64 % des voix. Mais à cause d'un découpage défavorable, il n'a obtenu que 16 sièges sur les 40 soumis au suffrage universel. La réalité du pouvoir reste entre les mains de la famille royale, qui truste les portefeuilles ministériels. Les partis légaux demandent la fin de la discrimination et une véritable monarchie constitutionnelle. Ils pourraient cependant se voir déborder par une opposition plus radicale, clandestine, qui réclame une république. Jeudi, dans les villages chiites, des manifestants ont repris le slogan des révolutions arabes: «Le peuple veut la chute du régime.»

Le gouvernement, inquiet de voir la contestation perdurer, vient de reprendre un «dialogue national» avec l'opposition légale, des membres de la société civile et les partis sunnites favorables au pouvoir. Mais l'état d'urgence est toujours en vigueur, et des dizaines de prisonniers politiques restent enfermés, dont 13 militants condamnés à des peines allant de cinq ans à la perpétuité. Amnesty International, qui a pu enquêter sur place, a conclu, dans un rapport publié jeudi, qu'aucun de ces détenus n'avait «encouragé ou utilisé la violence» et «qu'aucune preuve convaincante ne justifie leur incarcération.» L'ONG demande leur libération immédiate. Une manifestation en leur faveur a eu lieu jeudi à Paris.

Le 15/02/2013 sur www.lefigaro.fr

RUSSIE. Une pluie de météorites fait au moins 250 blessés

Une pluie de météorites causée par la destruction d'un météorite au-dessus de la région russe de l'Oural, accompagnée de violentes explosions, a semé la panique et blessé au moins 250 blessés dont trois graves, ont rapporté vendredi 15 février les autorités et les agences, citant des témoins.

"Nos informations font à cette heure état de plus de 250 blessés, dont trois blessés graves", a déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur, ajoutant que des dégâts avaient été enregistrés dans six villes de la région.

Des vidéos placées par des habitants sur l'internet ont montré des météorites incandescentes traversant le ciel à basse altitude, leur trajectoire semblant indiquer une collision proche avec le sol. 

Panique

Des témoins cités par les agences ont fait état de plusieurs violentes explosions entendues dans la région, qui ont semé la panique parmi la population. Le phénomène a également été observé au Kazakhstan, selon les agences.

Le journal russie "Russia Today" évoque une usine de zinc qui serait touchée.

L'administration de la ville de Tcheliabinsk, citée par Interfax, a pour sa part fait état de nombreux blessés. "A 11 heures (6 heures en France), nous avons de nombreux appels pour des traumatismes, des coupures et des contusions", ont indiqué les autorités locales citées par Interfax.

L'onde de choc a soufflé les vitres du bureau d'Itar-Tass dans le centre de Tcheliabinsk, a indiqué l'agence à l'image de nombreux autres bâtiments comme ceux-ci : 

20.000 hommes mobilisés

Un mur s'est par ailleurs effondré dans une usine de Tcheliabinsk, selon un employé cité par Interfax, qui fait état de trois ou quatre blessés sans gravité.

Le ministère des Situations d'urgence a indiqué avoir mobilisé 20.000 hommes, placés en état d'alerte, et trois avions ou hélicoptères pour inspecter les territoires. Le ministère a appelé la population à ne pas céder à la panique.

"Il n'y a pas d'évacuation de la population, le niveau de radioactivité est dans la norme. Nous vous demandons instamment de ne pas céder à la panique", a indiqué l'antenne locale du ministère sur son site.

Cette pluie de météorites n'a, semble-t-il, aucun lien avec le passage annoncé, ce vendredi, d'un astéroïde à proximité de la Terre.

Le 15/02/2013 sur http://tempsreel.nouvelobs.com

jeudi 14 février 2013

La Chine devient la première puissance commerciale mondiale

La Chine a détrôné les Etats-Unis et est devenue, en 2012, la première puissance commerciale de la planète, avec 3.870 milliards de dollars de biens échangés.

C'est historique: la Chine est devenue en 2012l la première puissance commerciale mondiale, détrônant ainsi les Etats-Unis. Selon les dernières statistiques des douanes chinoises, révélés par Bloomberg, le géant asiatique a échangé avec ses partenaires économiques 3.870 milliards de dollars de biens l'an passé, contre 3.820 milliards de dollars pour les Etats-Unis.

La Chine affiche un excédent comemrcial de marchandises de 2.311 milliards de dollars, contre un déficit de 728 milliards pour les Etats-Unis. La Chine était déjà depuis 2009 le plus gros exportateur de la planète. Elle n'est toutefois pas encore le plus grand importateur. L'an dernier, les Etats-Unis ont importé pour 2.280 milliards de dollars de marchandises sur leur territoire contre1.820 milliards de dollars d'importations pour la Chine. rest

Toutefois, si l'on inclut les importations et exportations de services, la valeur total du commerce américain atteint 4.930 milliards de dollars. Par ailleurs, les Etats-Unis restent de loin la première puissance économique de la planète, tavec un PIB de 15.000 milliards de dollars (chiffres de 2011), deux fois plus que le PIB chinois (7.300 milliards de dollars).

Les Etats-Unis sont devenus la première puissance commerciale de la planète après la seconde guerre mondiale. 2012 fera donc date dans l'histoire économique. La Chine a commencé à s'ouvrir aux échanges mondiaux dans les années 1970, après plusieurs décennies d'isolationnisme. Entre 1978 et 2012, la croissance chinoise a atteint en moyenne10% par an. 

Le 11/02/2013 sur http://lexpansion.lexpress.fr

 

Nucléaire: pas d'accord entre l'AIEA et l'Iran


Le chef des inspecteurs de l'AIEA Herman Nackaerts à l'aéroport de Vienne,
le 12 février 2013 (Photo Dieter Nagl. AFP)

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'a conclu aucun accord avec l'Iran sur un plan de vérification de son programme nucléaire controversé, a déclaré jeudi le chef des inspecteurs de l'agence Herman Nackaerts à son retour d'une visite en Iran.

 

"Nous avons eu des discussions sur un document d'approche structurée" visant à examiner une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien, "qui n'a pas pu être finalisé", a déclaré le Belge à l'aéroport de Vienne. "Nous ne nous sommes pas encore mis d'accord sur une date pour la prochaine réunion", a-t-il ajouté.

Le 14/02/2013 sur www.liberation.fr

Hollande est en Inde: diplomatie économique, Rafale et nucléaire civil au menu

Accompagné d'une bonne partie des plus hauts chefs d'entreprise français, François Hollande est arrivé jeudi en Inde pour se livrer à un exercice de diplomatie économique avec, en premier lieu, l'espoir de conclure prochainement la vente de 126 avions Rafale, un contrat évalué à 12 milliards de dollars.

 

Après une courte nuit à New Delhi, le chef de l'Etat français et sa compagne Valérie Trierweiler ont été accueillis officiellement dans la matinée avec tout le faste réservé par le protocole indien à une visite d'Etat.

Au son de 21 coups de canon, M. Hollande a été escorté par une garde à cheval en grand uniforme jusqu'au monumental palais présidentiel, ancienne résidence du vice-roi des Indes, où il a été reçu sous un dais rouge avant de rencontrer son homologue indien Pranab Mukherjee et le Premier ministre Manmohan Singh.

Dans une rare déclaration en anglais, il a exprimé son "grand honneur pour lui et la France" en disant vouloir porter les relations bilatérales "à leur meilleur niveau". M. Hollande a ainsi donné le coup d'envoi à une journée de rencontres politiques, qui s'est poursuivie avec une cérémonie au mémorial du Mahatma Gandhi, lieu de crémation du père de l'indépendance de l'Inde sur lequel il a lancé une poignée de pétales de roses.

Après une brève rencontre avec le chef de la diplomatie indienne, Salman Khurshid, le chef de l'Etat s'est rendu au lycée français où il a fait le voeu d'"élever le niveau de nos échanges (bilatéraux) pas seulement économiques mais également culturels, universitaires, scientifiques".

Il devait se rendre vendredi à Bombay, la capitale financière, avant de regagner Paris.

Au-delà de l'apparat, la France poursuit avec la plus grande démocratie du monde un "partenariat stratégique" entamé par Jacques Chirac en 1998 et ensuite poursuivi avec constance par Nicolas Sarkozy. Celui-ci s'était rendu à deux reprises à New Delhi pendant son quinquennat, en janvier 2008 et décembre 2010.

A la différence de son prédécesseur toutefois, François Hollande entend conduire avec cette puissance émergente une "diplomatie économique", refusant d'apparaître en "représentant de commerce".

Outre une cinquantaine de chefs d'entreprise, sont aussi du voyage cinq ministres, dont les portefeuilles révèlent les priorités de cette première visite en Asie du quinquennat: Laurent Fabius (Affaires étrangères), Jean-Yves Le Drian (Défense), Nicole Bricq (Commerce extérieur), Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche) et Frédéric Cuvillier (Transports).

Le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, espère conclure avant la fin de l'année la vente des Rafale à l'Inde. Après une longue série de déceptions, il s'agirait du premier succès à l'exportation pour l'avion de combat français engagé sur les théâtres d'opérations afghan, libyen et malien.

La semaine dernière, le chef d'état-major de l'armée de l'air indienne a dit espérer que la signature de ce contrat intervienne "avant la mi-2013".

Autre grand contrat en cours de négociations avec l'Inde: la construction par Areva de deux réacteurs nucléaires EPR à Jaïtapur, à 400 km au sud de Bombay, assortie d'une option pour quatre réacteurs supplémentaires.

En janvier, le ministre indien des Affaires étrangères Salman Khurshid avait parlé d'une négociation parvenue à "un stade très avancé". Mais de source française, on se dit tout juste "raisonnablement optimiste" sur la conclusion prochaine de ces négociations "complexes".

D'autres entreprises françaises sont en lice pour d'importants projets, en particulier dans le domaine du développement urbain durable, telle Alstom qui s'intéresse au métro de Bangalore (sud).

Lors de ses entretiens, François Hollande devrait par ailleurs insister sur le "souci constant de la France" de voir l'Inde jouer un rôle plus central sur la scène internationale, a souligné un proche du chef de l'Etat.

Le 14/02/2013 sur www.liberation.fr

Négociation de la dernière chance : La fin du calvaire du peuple syrien?

«Quand le vieux lion se meurt, même les chiens ont du courage et lui arrachent les poils de sa moustache.»  Proverbe syrien

Un scoop incroyable  pourtant à eu lieu ! L'opposition syrienne serait prête à des discussions avec le pouvoir syrien en vue de fin de la crise qui dure depuis 22 mois. Pourquoi ce brusque revirement quand on sait que «l'opposition syrienne de l'extérieur» a toujours refusé de négocier avec Bachar Al Assad demandant au préalable son départ, voire son jugement ? Cette « opposition extérieure », – contrairement à l'opposition courageuse de l'intérieur qui ose braver le régime in situ pour des idéaux, de démocratie d'alternance de respect de la dignité humaine-  qui a jailli du néant véritable patchwork avec des tendances idéologiques à l'opposé l'une de l'autre : Jugez en plutôt : on y trouve des Syriens ayant fait leur vie en Occident , des anciens apparatchiks aigris de ne plus être dans le premier cercle . La première «opposition» constituée de Français-Syriens – bien introduits par les services français – bien intégrés dans la société syrienne tels que Borhan Ghalioun, professeur de sociologie – que nous avons connu plus inspiré dans ses écrits sur l'Islam Politique, de Basma Kodmani, fille d'un ambassadeur syrien en France – qui a cautionné le système  Al Assad pour les besoins de sa carrière et celle de sa fille  chercheuse au CNRS- , a été rapidement débordée par l'aile fondamentaliste.

Au fil des mois, plusieurs personnalités se sont succédé notamment un Chiite en vain. Le projet occidental qui avait programmé la chute du domino syrien – indispensable si on veut démolir ensuite l'Iran- était de fédérer des troupes aux antipodes les unes des autres. Le grand paradoxe de l'Occident c'est qu'il faut démolir le pouvoir en place en s'associant des salafistes comme ce fut le cas en Libye, comme c'est le cas en Syrie actuellement mais si la politique veut qu'on les combatte ailleurs, aucun état d'âme: On les poursuit sans répit au Mali bien qu'ils aient été chouchoutés en Libye à tel point qu'ils se sont servi dans le supermarché des armes dans une Libye chaotique après le lynchage de Kadhafi!

La médiation internationale dans la guerre en Syrie, menée depuis l'été dernier par le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, n'a pas donné pour le moment de résultats. MM.Ban et Brahimi ont relevé «l'absence d'une position internationale qui pourrait mener à une transition» politique, comme le prévoit l'accord de Genève de juin dernier.

La Syrie, une autre réalité

Quelle est la réalité du terrain? Deux visions: celle des médias occidentaux qui nous présentent une Syrie à feu et à sang en plein chaos, diabolisant le pouvoir en place, et l'autre plus sereine sur les rares images où l'on voit la vie suivre son cours malgré les problèmes, les voitures circulent, les gens vaquent à leurs occupations. Malgré les difficultés , l'embargo, les fonctionnaires travaillent, reçoivent leur pays dans un pays qui tente de rester debout

Lisons  à ce propos ce que décrit la journaliste La publication Anastasia Popova dans un documentaire diffusé sur la chaîne Russia 24:

«Nous sommes restés là-bas sept mois au total, à partir d'août 2011 alors que le pays n'était alors pas encore en guerre, jusqu'à maintenant et la guerre bat son plein. (…) Ce qui nous a frappés le plus lorsque nous sommes arrivés en août et ce, jusqu'en décembre, est la différence entre ce qu'on nous disait de la Syrie à l'extérieur du pays et ce qui se passait réellement à l'intérieur du pays. Parfois on atteignait l'absurdité la plus totale. Par exemple, nous recevions un appel de nos rédactions pour nous rendre dans tel ou tel square où une manifestation contre le gouvernement était réprimée par des blindés et l'artillerie: nous y allions et il ne s'y passait absolument rien, mis à part quelques piétons présents et un policier régulant la circulation.(1).

La Journaliste de Russia 24 explique la genèse de la tentative de déstabilisation  :

« Puis les provocations ont commencé, des gens furent tués pour leur appartenance religieuse. Cependant, le gouvernement répondait aux demandes de paix. Les lois furent modifiées. Une commission a été créée pour un dialogue national incluant presque tous les groupes d'opposition. Grâce au travail de cette commission et par référendum national, une nouvelle Constitution a été adoptée. Mais pour les principaux acteurs intéressés, ce n'était pas la fin de l'histoire. Ils ont réuni ce qui peut être nommé «l'opposition étrangère», composée surtout de gens qui avaient vécu en Europe depuis plus de 40 ans. Ils se sont donc tournés vers l'unique alternative qui leur était ouverte: renverser le gouvernement en place avec des armes. Ils ont commencé à opposer les confessions religieuses les unes contre les autres, et en même temps à envoyer des insurgés étrangers. On peut en lire la preuve dans le dernier rapport de l'ONU qui liste des gens armés de 29 pays différents qui se battent contre l'armée syrienne! (…) Ces armes sont tout d'abord envoyées vers la Turquie, puis données aux FSA par des officiers turcs à la frontière. Une journaliste libanaise a été témoin de cet échange et elle a essayé de le filmer mais elle a été arrêtée et détenue en Turquie 3 jours, et on lui a cassé sa caméra. (…) Par ailleurs, les États occidentaux fournissent de l'argent à l'opposition, qui est surtout composée d'étrangers ». (1)

« A cause de tout cela conclut elle, il est difficile de nommer ce qui se passe en Syrie guerre civile. Même s'ils ont réussi à diviser la population, et si dans certaines familles une partie se bat pour le gouvernement et l'autre est contre. Il est toujours facile d'attaquer le messager quand vous n'aimez pas le message. (…) Les gens lisent des rapports écrits depuis de confortables chambres d'hôtels au Liban, citant des informations non vérifiées d'activistes FSA ». (1)

Pour  l'une de ces activistes, la journaliste rapporte :

«Il n'y a pas eu de réels progrès sur les fronts et cela a affecté nos sponsors qui ne nous avaient pas envoyé de munitions… Même les gens en ont marre de nous. Nous étions des libérateurs mais maintenant ils nous dénoncent et manifestent contre nous.» (1)

Dans le même ordre de la manipulation des médias nous lisons sur le site du Grand Soir :

«A la veille de chaque réunion onusienne sur la Syrie, de chaque visite en Syrie d'un acteur majeur de la politique internationale ou de chaque revers militaire de la rébellion, soyez-en sûrs: un nouveau massacre de civils sera commis, médiatisé par la rébellion et imputé au régime de Damas. Ce fut le cas lors des massacres de Houla, de Treimsa et de Karm el-Zeitoun. L'exécution de près de 80 jeunes Syriens à Alep perpétrée en début de semaine semble être du même acabit. Il survient, en effet, au moment où le médiateur international, Lakhdar Brahimi, publiait son nouveau rapport sur la Syrie devant le Conseil de sécurité de l'ONU. (…) Les observateurs indépendants épinglent en effet de nombreuses mises en scène de massacres de «civils» où l'on voit des corps de «pro-gouvernementaux» alignés aux côtés de rebelles tués par l'armée, dans le but d'accréditer la thèse du prétendu «génocide» organisé par le régime. (2)

Comment alors expliquer que finalement l'Occident, malgré un forcing immoral des médias occidentaux, découvre finalement que c'est l'impasse? Et qu'il faille discuter  pour une transition –inter syrienne- ce que la Chine et la Russie n'ont cessé de proclamer. Dans ces conditions on peut comprendre le sens du  du  dernier scoop: « Les Américains soutiennent avec force la proposition de dialogue avec le régime «lancée par le chef de l'opposition syrienne Moaz Al-Khatib.»  Qui dit Américains implique le suivisme des vassaux.

Depuis la fin janvier en effet, Al-Khatib se dit prêt à dialoguer avec des représentants du régime «qui n'ont pas de sang sur les mains». Il a précisé le lundi 4 janvier qu'il souhaitait que le régime mandate le vice-président Farouk Al-Chareh. «Nous tendrons la main dans l'intérêt du peuple et pour aider le régime à partir en paix», a déclaré Al-Khatib à la chaîne Al Jazeera. «Je dis à Bachar Al Assad , regarde dans les yeux de tes enfants et essaie de trouver une solution ». « Nous nous entraiderons alors dans l'intérêt du peuple ».

Son initiative avait fait grincer des dents au sein de la coalition. Mais, dimanche 3 février, le porte-parole de cette dernière, Walid al-Bouni, a affirmé que «la majorité» de ce rassemblement soutenait cette voie. On se souvient. Dès octobre 2012, la Turquie avait suggéré une transition négociée avec Al-Chareh, réputé critique de la répression. Le chef de la coalition pose toutefois deux conditions préalables: la libération «des 160.000 personnes» détenues dans le cadre du soulèvement contre le régime et le renouvellement des passeports des Syriens de l'étranger – dont beaucoup ont quitté le pays de façon illégale – dans les ambassades afin qu'ils ne soient pas arrêtés à leur retour.

On se souvient pourtant  que le président Bachar Al Assad avait proposé, début janvier, un plan de sortie de crise prévoyant un dialogue national à Damas, catégoriquement refusé jusqu'ici par l'opposition qui pose comme condition sine qua non le départ de M.Assad. Mardi, l'opposition tolérée s'est dit prête à établir un processus politique de dialogue entre régime et opposition pour mettre en application l'accord de Genève qui prévoit une transition en Syrie. Mardi 4 février, le médiateur international Lakhdar Brahimi avait demandé au Conseil de sécurité d'agir d'urgence, dénonçant «l'horreur» de la guerre civile peu après la macabre découverte à Alep. Pékin a ainsi de nouveau appelé mercredi à un «dialogue national» que les autorités syriennes assurent organiser pour trouver une issue au conflit mais qui permettrait une transition entièrement contrôlée par le régime actuel et est donc rejetée par l'opposition et la communauté internationale. (3)

Un autre signe en faveur de la paix est que pour la première fois depuis 1979 l'Iran renoue avec l'Egypte. Ceci est intéressant car les deux présidents ont une vision différente du conflit syrien. Morsi veut le départ de Bachar Al Assad, l'Iran le soutient. M. Ahmadinejad, qui doit assister au 12e Sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) prévu mercredi et jeudi au Caire, a été accueilli au pied de la passerelle de l'avion par le chef d'Etat égyptien Les deux présidents ont eu un entretien à l'aéroport sur «les moyens de régler la crise syrienne pour mettre fin à l'effusion du sang, sans intervention militaire» et sur «les moyens de renforcer les relations entre l'Egypte et l'Iran». Par ailleurs, des responsables iraniens ont rencontré, ces derniers jours, pour la première fois le chef de l'opposition, ils ont d'ailleurs salué la proposition de dialogue de M. Khatib, emboîtant le pas à la Russie. Lundi, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé dans une interview que la guerre n'était «pas la solution» en Syrie. «Il ne doit pas y avoir de guerre confessionnelle en Syrie». Ce ballet diplomatique intervient alors que la population syrienne est épuisée par près de deux ans de tueries, de destructions et d'une terrible dégradation de la situation humanitaire. (4)

Qui est Moaz Al Khatib?

On apprend aussi, que pour la première fois le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a rencontré samedi 2 février le chef de la coalition nationale de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz Al Khatib, en marge des travaux de la 49e conférence de Munich sur la sécurité.

 «La Russie a une certaine vision mais nous accueillons favorablement des négociations pour soulager la crise», a déclaré Ahmed Moaz Al Khatib à l'issue de l'entretien. Avant leur discussion, Sergueï Lavrov avait affirmé devant la conférence que l'insistance de Joe Biden à réclamer le départ du président syrien était contre-productive. (…) Le président syrien déclare vouloir poursuivre son mandat jusqu'à son terme en 2014 et insiste sur son droit à se représenter. (…) (5)

Thierry Meyssan nous en parle:

«Totalement inconnu du public international, il y a une semaine encore, Cheikh Moaz Al Khatib a été propulsé président de la coalition nationale syrienne, représentant l'opposition pro-occidentale au gouvernement de Damas. Décrit par une intense campagne de relations publiques comme une haute personnalité morale sans attaches partisanes ou économiques, il est en réalité membre des Frères musulmans et cadre de la compagnie pétrolière Shell. L'émiettement de l'opposition syrienne armée reflète les conflits entre les États qui tentent de «changer le régime» de Damas. On retiendra surtout le Conseil national (CNS), dit aussi Conseil d'Istanbul parce qu'il fut constitué là-bas. Il est tenu d'une main de fer par la Dgse française et financé par le Qatar. Enfin, l'Armée syrienne libre (ASL), principalement encadrée par la Turquie, regroupe la plupart des combattants. Si la création de la coalition nationale acte la reprise en main de l'opposition armée par Washington, elle ne règle pas la question de la représentativité. Rapidement, diverses composantes de l'ASL s'en sont désolidarisées. Surtout, la coalition exclut l'opposition hostile à la lutte armée, notamment la coordination nationale pour le changement démocratique d'Haytham Al Manna ».Le choix du cheikh Ahmad Moaz Al Khatib répond à une nécessité apparente: pour être reconnu par les combattants, il fallait que le président de la Coalition fut un religieux, mais pour être admis par les Occidentaux, certains médias en font déjà un leader «modèle» »(6).

«. Ainsi, poursuit Thierry Meyssan, décryptant les «méthodes américaines» de relooking un grand quotidien US le présente comme «un produit unique de sa culture, comme Aung San Suu Kyi en Birmanie». Voici le portrait qu'en dresse l'Agence France Presse (AFP): Né en 1960, cheikh Ahmad Moaz Al Khatib, «Cheikh Al Khatib est une figure de consensus qui bénéficie d'un véritable soutien populaire sur le terrain», souligne Khaled Al Zeini).».

La vérité est toute autre. En réalité, il n'y a aucune trace que cheikh Ahmad Moaz Al Khatib ait jamais étudié les relations internationales et la diplomatie, mais il a une formation d'ingénieur en géophysique et a travaillé six ans pour la Al Furat Petroleum Company (1985-91).(6)

« En 1992, il hérite de son père cheikh Mohammed Abu Al Faraj al-Khatib la prestigieuse charge de prêcheur de la Mosquée des Omeyyades. Il est rapidement relevé de ses fonctions et interdit de prêche dans toute la Syrie. En 2003-04, il revient en Syrie comme lobbyiste du groupe Shell lors de l'attribution des concessions pétrolières et gazières. Il revient à nouveau en Syrie début 2012 où il enflamme le quartier de Douma (banlieue de Damas). Arrêté, puis amnistié, il quitte le pays en juillet et s'installe au Caire. Sa famille est bien de tradition soufie, mais contrairement aux imputations de l'AFP, il est membre de la confrérie des Frères musulmans» (6)

En fait, quels que soient les fondements des «manoeuvres» de tout bord, il faut espérer que cette fois-ci, c'est le bout du tunnel pour le peuple syrien. Il est possible que la transition avec Farouk Echar'e vice-président pourra permettre un passage de témoin en douceur ; Al Assad ayant annoncé son départ en 2014. C'est le temps qu'il faut pour mettre en place de nouvelles élections  qui permettront ce faisant, l'avènement, il faut l'espérer de Syriennes et de Syriens aux commandes d'un pays rendu inutilement exsangue par les occidentaux ,mais qui ne tardera pas, s'il n'y a pas d'ingérence à s'auto-réparer, retrouver les équilibres interethniques et  inter-religieux qui ont mis des siècles à sédimenter

Une civilisation qui a vu naître l'enfance de l'humanité (Pensons à Ugarit) ne peut pas disparaître comme cela. Le reshaping du Moyen-Orient ne se fera pas comme prévu, la Syrie a été le grain de sable qui a bloqué la machine infernale du broyage des identités et des espérances. Bachar Al Assad a fait son temps, il devra partir au plus tard dans moins d'un an. Le moment est venu pour réconcilier les Syriens entre eux, tourner le dos aux manoeuvres de division et qu'enfin la paix règne dans cette région du Moyen Orient qui  chaque fois s'est réconciliée avec elle-même depuis le déclenchement des Croisades par un  certain pape Urbain II.

Cela commença, en effet, avec la destruction de Jérusalem et la mise à mort de ses habitants en juillet 1099.  Bien plus tard, ce fut le harcèlement de l'Empire Ottoman, «  l'homme malade de l'Europe » avec notamment les évènements de Damas dont  le fondement fut le début des ingérences anglo-françaises qui ont imposé au sultan, un moutassarif ( gouverneur)  de confession chrétienne pour les régions chrétiennes . Ce fut, en creux, la partition de la Syrie (Bilad Acham) . Partition concrétisée une cinquantaine d'années plus tard, en 1917 par les accords de Sykes Picot qui ont contribué au dépeçage de l'empire ottoman, suivi concomitamment de la fameuse déclaration de Balfour, ce dernier une deuxième fois après Dieu, donna un foyer aux Juifs, une Terre où les  Palestiniens vivent depuis trente siècles. Mais ceci est une autre histoire.

Pr. Chems Eddine Chitour, Ecole Polytechnique enm-edu.dz, le 07/02/2013 sur www.mondialisation.ca

1. Anastasia Popova et Olivier Turquet, janvier 27, 2013 http://www.mondialisation.ca/syrie-une-autre-realite/5320709

2. http://www.legrandsoir.info/syrie-encore-un-massacre-qui-tombe-a-pic-pour-la-rebellion.html

3. http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/798582/Syrie_%3A_lopposition_prete_a_des_%22discussions_directes%22_avec_le_regime.html

4. http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/799423/Ahmadinejad_au_Caire%2C_premiere_visite_dun_president_iranien_depuis_1979_.html

5. François d'Alançon, http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Moscou-noue-le-dialogue-avec-l-opposition-syrienne-_NG_-2013-02-03-906844

6.Thierry Meyssan http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2995, le 9 novembre 2012